NOUS, les exploités,
qui subissons l'accroissement déguisé du temps de travail par la flexibilité (entre
autres la suppression d'un jour férié, lundi de Pâques ou de Pen- tecôte)...
nous qui subissons l'extension des missions d'intérim, des contrats à durée déterminée...
nous qui subissons la pluri-activité auprès de plusieurs employeurs, ou les contrats
sous-payés « kleenex » (CES, CEC, RMA, CAE...)
nous qui subissons la baisse ou la non-revalorisation de nos salaires les plus
bas...
nous qui subissons des accidents de travail et des maladies professionnelles
plus ou moins reconnus...
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nous qui subissons le harcèlement moral, les menaces de licenciement pour délocalisation,
dégraissage, ou pour non-conformisme avec la « culture d'entreprise », ou
incompatibilité d'hu- meur, non-motivation, non-disponibi- lité...
nous qui subissons l'obligation de résultat sous peine de non-renouvel- lement
de nos contrats de travail...
nous qui nous entassons dans des logements étroits, parfois insalubres, dans
l'interminable attente de loge- ments sociaux décents...
nous qui ne pouvons avoir accès à des soins non ou mal remboursés, ou qui y
renonçons faute d'argent...
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nous qu'on humilie et qu'on culpabilise, comme chômeurs assistés et déclarés
« fainéants »...
nous pouvons refuser cette précarité en nous organisant dans nos lieux de travail
et de vie, à la base, sans chef ni directive,
pour lutter contre ce système d'exploitation, de compétitivité et d'in- dividualisme,
et pour construire un monde sans classe et sans profit.
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