Qu’apporte une section cénétiste aux travailleurs ?

Bien entendu il n’est pas question pour moi de dresser un bilan partout valable mais de décrire ce que pourrai faire une section dans un centre de tri et de montrer la différence quand elle n’existe plus. Tout d’abord il faut préciser qu’il n’est pas nécessaire d’atteindre un niveau d’adhésions important pour faire vivre une section. Il faut mieux un petit groupe cohérent, rassemblé sur des bases claires avec des accords de base partagés : - pas de délégation de pouvoir donc pas de participation à une quelconque élection ou référendum. - Prise en charge collective du groupement et responsabilité commune en cas de poursuite judiciaire ou autre. - Elaboration collective des revendications immédiates et du projet de société avec les autres syndicats cénétistes dans le respect des accords de congrès et des principes de base. « Petit nombre » ne signifie pas que le groupement agit en « avant garde » ou autre démarche séparée des autres travailleurs. La section a son avis qu’elle expose devant des assemblées les plus larges possibles mais elle place au dessus d’elle les décisions prises par ces dernières. Ce qui ne signifie pas qu’elle abandonne des actions minoritaires qu’elle aurait prévues. Elle impose aux agents qui se rendent aux directions de respecter les engagements pris en assemblées générales et vérifie par des comptes-rendus verbaux et écrits systématiquement. Ces « rencontres » avec l’employeur sous mandat du personnel n’ont rien à voir avec la liberté qu’ont les sections syndicales de poser leurs propres doléances particulières. Quelques éléments de comparaison :

Avec notre section


Problèmes individuel (menace de sanction d’un chef, refus d’un congé, changement d’horaire autoritaire…) Délégation restreinte avec l’intéressé après discussion la plus collective nécessaire.

Problème individuel sérieux (reproches divers comme menaces envers un cadre, départ anticipé important, sexisme inventé,…) AG du personnel la plus complète. Comme nous ne demandons pas toujours l’autorisation, un ou des militants font le tour des services pour qu’à l’heure fixée tout le monde soit là. A force de faire, tout est bien réglé et intégré. Rares ont été les sanctions et très minimes.

Problème postal général (grève ou autre)
Discussion sur le problème, les revendications, les perspectives d’action avec diffusion de toutes les informations reçues.

La grève :
Systématiquement les chiffres sont affichés par service et brigade permettant à tous de contrôler le suivi de l’action. Avec commentaires si nécessaire.

Les médias :
Refusés (voire jetés) la plupart du temps ou parfois acceptés avec la transmission d’un communiqué précis de l’action voté en AG du personnel. Les seules photos acceptées sont celles des banderoles ou braseros. Plus de chiffre de grèvistes.
Depuis sa disparition


Chacun fait à sa sauce avec une détérioration certaine des conditions.




Rien ou démarche individuelle, pleurnicharde ou violente.








Plus de discussion, les syndicats décident plus ou moins entre eux des revendications et actions.



Plus de chiffre de grèvistes.





La photo de « famille syndicale » est systématique avec des déclarations subjectives qui n’ont plus rien à voir avec une élaboration collective.

Conclusion provisoire : S’il devient difficile de faire vivre une section avec ces principes avec les régressions qui s’annoncent et avec la restriction du droit syndical cautionné par tous les officiels (FO, CFDT, CFTC, CGT) cela reste incontournable même en admettant l’insuffisance.

Michel, syndicat CNT-AIT d’Amiens
(Le Combat syndicaliste CNT-AIT – pages confédérales – septembre/octobre 2008 n° 217) Imprimer

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