Le CPE a été abrogé et le CNE se fait écharper devant les Prud’hommes : on peut se dire qu’il était légitime que des jeunes se mobilisent pour défendre leur avenir et refuser d’être surexploités. Pourtant la Justice continue à frapper des lycéens et des étudiants pour des actes commis lors de cette mobilisation contre ne politique inique. Légitimité et égalité ne sont pas synonymes. Le Pouvoir compte bien faire payer ceux qui ont remis en cause son autorité en refusant de filer droit. Qu’importe le résultat de cette lutte, il convient pour lui de jouer la carte de la répression pour dissuader d’autres individus de se rebeller contre ses décisions.
Au cours de l’été, le tribunal correctionnel de Tours a sanctionné 5 militants anti-CPE.
- Joffrey, Antoine et Yohann sont tous trois condamnés à 50
heures de travail d’intérêt général à effectuer dans un délai de 18 mois pour avoir taguer les locaux de l’UMP. Devant la faiblesse des preuves, notamment quant à l’identification des 3 jeunes, leurs avocats ont décidé de faire appel.
- Jérôme et Damien ont écopé de 15 jours de prison avec sur
sis : le premier pour agression envers un chauffeur de bus investi par des manifestants et le second pour violence envers des policiers lorsqu’ils sont venus interpeller Jérôme. Les 2 jeunes ont vainement contesté les faits lors de l’audience.
Le 29 septembre, le tribunal devra rendre son verdict concernant un autre militant (travailleur social syndiqué à SUD) accusé de dégradation (tags) et rébellion lors de son arrestation (même si le procureur reconnaît qu’il n’y a pas eu coup porté). Le Parquet a requis une peine de 3 mois de prison avec sursis, assortie de 200 heures de TIG.